Vendredi 27 Novembre 2020
Annecy http://www.booked.net
+14°C
« Le geste maître, c’est d’aérer »
Vie pratique

« Le geste maître, c’est d’aérer »

jeu 17 Octobre 2019 - 07:44
Back to top

Aérer 10 minutes par jour est essentiel.

Si le réchauffement climatique vient en tête des préoccupations environnementales dans les sondages, la qualité de l’air tient aussi une bonne place. Paradoxalement, peu de gens ont conscience que l’air intérieur dans leur maison est pollué. Elise Darlay, d’Atmo, apporte une bouffée d’oxygène sur cette question.

Nous passons environ 80 % de notre temps à l’intérieur, chez nous, au travail, dans les transports en commun, etc. L’air intérieur est-il plus pollué qu’à l’extérieur ?

Elise Darlay (E. D.) : Oui, cela peut être encore plus pollué à l’intérieur qu’à l’extérieur. Les maisons sont comme une boîte qui cherche de plus en plus à être hermétique, car on veut conserver la chaleur. Chaleur et qualité de l’air entrent souvent en dualité.

La principale source de pollution est donc le chauffage ?

E. D. : Le chauffage peut être une source. En hiver, nous avons souvent constaté des cas d’intoxication au monoxyde de carbone. Cela peut être dramatique et conduire à la mort. Mais il y a beaucoup de sources : la décoration, le bâti, les habitudes des habitants, comme le tabagisme.

Comment la décoration peut-elle être polluante ?

E. D. : Par exemple, les meubles en bois aggloméré sont composés de petits copeaux de bois collés ensemble avec ce qu’on appelle du formaldéhyde. Dissous dans l’eau, ce composé donne du formol. Avec le temps, il est relargué dans l’air.

Et les produits ménagers ?

E. D. : Déjà, quand on passe l’aspirateur, on remet en suspension de la poussière.

On utilise parfois des produits miracles avec une liste de composés très longues. Il y en a forcément un ou deux de polluants. Parfois c’est surdosé. Et puis, il y a les parfums. En voulant purifier son intérieur, on se retrouve à introduire de la pollution. Le propre n’a pas d’odeur. Si cela sent bon, cela veut dire qu’il y a un parfum. De la même manière, brûler de l’encens dégage du benzène, les bougies parfumées, des composés organiques volatiles (COV). On n’assainit pas l’air, on rajoute encore des polluants.

Quels sont les risques pour la santé ?

E. D. : Cela dépend du temps d’exposition. Ça peut aller des irritations oculaires à des pathologies plus lourdes, comme de l’asthme, des pneumopathies, des cancers. Les maux peuvent être très bénins comme très graves.

Comment prendre soin de cet air ?

E. D. : Le geste maître est d’aérer 10 minutes par jour été comme hiver et d’essayer de ne pas introduire des sources de pollution : aller fumer dehors, bricoler à l’extérieur, déballer un meuble neuf dans un endroit aéré et le laisser dégazer pendant plusieurs jours. On peut privilégier l’achat de meubles massifs ou d’occasion. On voit de plus en plus arriver des labels « garanti sans formaldéhyde » dans les magasins, ça commence à entrer dans les consciences. Mais parfois, on ne fait pas attention aux critères de pollution, c’est souvent le portefeuille qui prime.

Quand on fait le ménage, il faut ouvrir la fenêtre, utiliser des produits simples, comme le vinaigre et le bicarbonate, privilégier une microfibre humide pour la poussière plutôt qu’un spray miracle.

Enfin, les systèmes de ventilation sont recommandés, ils permettent de renouveler l’air tout au long du fonctionnement, on conseille même de ne jamais les arrêter.

Propos recueillis par Laurine Personeni