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Clap de fin pour Artisans de Paix : et maintenant ?
Vie locale

Clap de fin pour Artisans de Paix : et maintenant ?

ven 15 Mars 2019 - 00:00
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association Artisans de Paix, Fondation du val de Consolation

Le cadre de Consolation mérite une mise en valeur de qualité. Mais qui va reprendre ce lieu chargé d'histoire?

Fin septembre, l’association Artisans de Paix a définitivement quitté le val de Consolation. En huit ans, le lien s’est beaucoup distendu entre ce lieu magnifique et la population locale. Mais l’avenir s’est éclairci et les projets commencent à éclore en ce printemps.

C’était dans l’air du temps depuis des mois : l’association Artisans de Paix qui gérait le site du monastère de Consolation depuis 2010 a jeté l’éponge fin septembre 2018, lourdement endettée. En huit ans, beaucoup de bruits ont couru sur Consolation : dérives sectaires fantasmées, stages et animations incompréhensibles, peu ouvertes au public, trop exclusives, etc. Le résultat ne s’est pas fait attendre : les habitants venaient de moins en moins à Consolation. Le lien avec la population locale était rompu.
Depuis début octobre, et en attendant de nouveaux projets, c’est la Fondation du val de Consolation (dont sont membres l’Etat, la Région, la mairie, l’évêché...) qui a repris en main la gestion du monastère, de l’hôtel, de la boutique et de l’impressionnant parc de 200 hectares. Des biens dont elle est propriétaire depuis que l’église les lui a donné en 1978.


Un lien brisé à reconstruire
Ancienne employée d’Artisans de Paix dont le contrat a été repris par la fondation, et accessoirement maire de sa commune de Grandfontaine-sur-Creuse, Catherine Donzelot a une vision assez précise des raisons de l’échec de l’association : « Consolation fait partie du patrimoine local, il appartient à tous les habitants, car au fil des années les collectivités territoriales ont souvent mis de l’argent pour réhabiliter ce site remarquable. Il y a un fort sentiment d’appartenance. L’association faisait des animations de qualité avec des intervenants de très haut niveau, mais qui s’adressaient à une minorité de spécialistes qui venaient d’un peu partout. Il faut dire aussi que rares étaient les bénévoles de l’association qui comme moi venaient de la région et avaient ce lien affectif avec ce lieu depuis toujours. Cela a distendu le lien avec les habitants. »
Et ce sans évoquer des animations au contenu discutable, faites parfois portes closes, ou même les attentes et la personnalité forte d’Alain Michel, président de l’association. « J’ai toujours dit qu’il fallait ouvrir le monastère à la population, explique Catherine. Tout ce qui pouvait se passer derrière des portes closes alimentait les craintes de la population. Pourtant, il n’y a jamais rien eu de grave ici. Certes, certains ateliers, ou certains comportements pouvaient surprendre, choquer, ou n’avaient pas leur place dans ce lieu centenaire. Mais il n’y avait pas de secte, juste des gens différents, peut être farfelus, mais pas méchants. » Toujours est-il que le lien local s’est distendu, et que le pari d’Artisans de Paix a fait long feu. « Surtout parce qu’il est très difficile d’exploiter le monastère en plein hiver, il y fait froid, cela consomme beaucoup de fioul pour le chauffer même un peu. » L’association a fini par ne plus pouvoir honorer ses loyers.


La Com’ Com’ sur les rangs
Quel est l’avenir pour ce lieu magique, mais coûteux à entretenir et exploiter ? Les rumeurs se font insistantes : la communauté de communes reprendrait une exploitation de ce haut lieu touristique pour le redévelopper et tisser à nouveau des liens avec les habitants. Pour que ce lieu n’apparaissent plus comme fermé, exclusif, ou même obscur. « C’est un lieu réconfortant, inspirant, où l’on peut faire des choses splendides. » Ne reste plus que la volonté, la constance, et un important budget également pour faire les travaux nécessaires du monastère. La tâche n’est pas aisée mais elle est désormais bien engagée.
En attendant, Catherine est bien présente à l’accueil du parc du monastère, à la surprise des visiteurs qui pensaient l’endroit fermé pour longtemps. Non, Consolation n’est pas à l’abandon, et c’est tant mieux pour le patrimoine local.

Clément Pérot