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Dans le dédale du château
Terroir

Dans le dédale du château

sam 23 Novembre 2019 - 08:24
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La tour Saint-Denis, actuellement en réfection, constituait avec une deuxième tour, aujourd’hui disparue, le logis du château fort, au XIe siècle.

Depuis l’éperon rocheux, elles surplombent toute la vallée de la Loue. Les ruines du château de Scey, sises sur les communes de Chassagne-Saint-Denis et Cléron, font l’objet depuis 1995 de consolidations et d’entretien par des structures d’insertion. Plongée médiévale dans le dédale du château.

La tour Saint-Denis domine toute la vallée de la Loue, offrant un panorama à presque 180 degrés. Erigée en 1166 par Pierre de Scey, elle veille, depuis son éperon rocheux sur les villages de Cléron et de Cademène, et à l’est, celui de Scey-en Varais. Mentionné la première fois en 1083, le castel Saint-Denis, autrement appelé le château de Scey, a été un château fort puis agrémenté d’habitations au fil des siècles, avant d’être laissé à l’abandon en 1674, lors de la conquête française de la Comté par Louis XIV. L’ouvrage Le patrimoine des communes du Doubs retrace ainsi l’histoire de ce lieu : « après qu’ils (les membres de la famille de Scey), le perdent lors d’une guerre contre l’Eglise bisontine, le château, sous les fortifications duquel se tient le village de Scey-en-Varais, passe au comte de Bourgogne (alors français tandis que la Comté était espagnole, ndlr). Investie par des routiers (des mercenaires, ndlr) lors de la guerre de Cent ans, la forteresse est reprise, en 1365, par la noblesse comtoise. Assiégée par les troupes françaises en 1477, elle est abandonnée par la suite. Des travaux y sont entrepris en 1550 par Perrenot de Granvelle, auquel elle appartient alors, mais elle subit un nouveau siège, lors de la guerre de Trente ans, lorsque durant l’hiver 1638, les troupes suédoises dévastent la région. En 1674, au moment de la conquête française, le château est abandonné sans résistance aux troupes de Louis XIV. »

Il s’agit ici de la basse-cour composée de dépendances, construites au XVI et XVIIe siècle.

Monuments historiques depuis 1987

Aujourd’hui, seules des ruines témoignent de l’existence de ce château. Si la tour Saint-Denis est visible de loin, le chemin pour s’y rendre nécessite de marcher. Il faut auparavant arriver jusqu’à Chassagne-Saint-Denis puis emprunter un chemin blanc. Au bout de deux kilomètres, un parking invite à garer la voiture avant de s’engager sur un sentier de forêt. De chaque côté, les arbres entourent le promeneur, dégageant une agréable impression de solitude. Puis l’orée du bois débouche sur les premières ruines.

Malgré un poteau et une ligne à haute tension qui défigurent quelque peu, la vue est à couper le souffle. Situées à une altitude entre 478 et 496 mètres, les ruines dominent à plus de 150 mètres. Les restes de murs en pierre qui ouvrent le cheminement constituaient la basse-cour, un ensemble formé de dépendances, telles des forges, des citernes, des écuries et de maisons d’habitations, vraisemblablement construit au XVI et XVIIe siècle. Plus en avant, le sentier en pente douce mène à la tour restante. Le visiteur se trouve ici dans les premières constructions. A l’époque, une deuxième tour, la tour Montsoufflot, aujourd’hui disparue, a été construite à l’extrémité de l’éperon rocheux après 1179. Entre les deux se trouvaient la partie logis du château, à savoir la grande salle d’armes, les cuisines et les chambres.

Situé entre la basse-cour et la tour médiévale, l’avant-château a été construit entre 1565 et 1576 pour répondre à un besoin d’agrandissement du logement. Il en reste peu de choses.

 

Actuellement, la tour Saint-Denis est mise sous échafaudage en vue de sa réfection. Classées en effet monuments historiques, en 1987, les ruines font l’objet de consolidations depuis 1995. D’abord par l’association Alternative Chantier puis, en 2012, par l’Association d’insertion par l’activité économique (API 25). Après la restauration des murs de la basse-cour, hauts de 8 m, les travaux se poursuivent donc, en 2019, pour consolider la tour et dégager un accès à l’intérieur du château. L’aménagement d’un belvédère est envisagé par la suite.

La famille de Scey est toujours propriétaire de l’endroit mais également des bois aux alentours, qui composent la réserve naturelle du ravin de Valbois. Là aussi, des sentiers serpentent à travers la nature pour de belles randonnées.

Laurine Personeni