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Les jeunes au chevet de la réserve naturelle
Environnement

Les jeunes au chevet de la réserve naturelle

jeu 24 Octobre 2019 - 07:58
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Frédéric Ravenot explique aux ados la réserve naturelle.

Pendant trois jours, 14 adolescents de 10 à 18 ans ont participé à un chantier d’automne, initié par le Conservatoire des espaces naturels. Sur les hauteurs de la réserve naturelle du ravin de Valbois, ils se sont attelés ce mardi à défricher et rendre accessible une pelouse sèche.

Armées d’un sécateur, May, 11 ans et Diane 13 ans, tentent de couper une branche. « Tu m’aides et après je t’aide », relève Diane. Les deux jeunes filles font partie du groupe qui a commencé, ce mardi, un chantier dans la réserve naturelle du ravin de Valbois. Pour May, c’est sa deuxième année. « Je trouve que c’est un bon engagement, explique-t-elle. Et puis j’habite un hameau entouré de forêt, alors la nature j’aime bien. » Diane, elle, s’est engagée pour la première fois dans ce chantier. « Déjà, c’est pour m’occuper pendant mes vacances, et j’aime bricoler, aller dans la nature. Je suis assez sensibilisée à l’environnement, ma maman travaille dedans. »

Un peu plus loin, plus proche de la falaise, Arthur, 14 ans, et Robin, 13 ans, manient la fourche. Peu de temps avant, ils avaient écouté attentivement les conseils de sécurité de Frédéric Ravenot, conservateur adjoint de la réserve naturelle. Ils ratissent une petite zone et regroupent les branchages en un petit tas. « Je l’ai déjà fait, et je trouve ça bien d’aller dehors. Je n’ai pas forcément la motivation moi-même d’aller dehors. Et l’écologie, l’environnement, je prends ça à cœur », raconte Arthur. Robin, lui, a été sensibilisé aux déchets dans la nature, à l’école primaire. « Je voulais voir comment étaient ces chantiers, et c’est bien. »

À 16 ans, Louison en est à son 7e chantier.

 

Valoriser les jeunes

« Aujourd’hui, on va rendre ce secteur qui accueille du public plus accessible, explique Frédéric Ravenot. On va ramasser des rejets d’arbres, en recouper certains autres. On va également condamner un sentier pour des questions de sécurité, pour éviter que le public n’aille trop près de la falaise. » Pendant trois jours, les jeunes ne vont pas chômer. Entre effacer des graffitis sur un panneau explicatif, ramasser des cendres jetées par une main malveillante, ou défricher, il y a du travail pour tout le monde.

Avant de s’atteler à la tâche, le groupe de jeunes a découvert cette réserve naturelle, sous les explications de Frédéric Ravenot. Cet espace qui couvre 235 hectares sur les communes de Cléron et Chassagne-Saint-Denis regroupe plus de 5 000 espèces, faune et flore. A un kilomètre des ruines du château de Scey, les adolescents ont arpenté une pelouse sèche, en bord de falaise. Et un panorama presque à 180 degrés, où l’on distingue au loin Cléron et le petit village de Cademène, caché par les brumes, ce mardi. Curieux, ils ne sont pas avares en questions. « Cet arbre mort, on va l’enlever ? », questionne Robin. « Ça va vous paraître bizarre, mais les arbres morts, c’est la vie, répond Frédéric Ravenot. On ne les enlève pas car ils vont se décomposer et enrichir le sol. Et ça favorise certaines espèces d’insectes. » La moitié de la réserve naturelle n’est en effet pas exploitée pour son bois. L’un des objectifs également de ce chantier de trois jours : rechercher les cavités de pics noirs, le plus grand pic d’Europe, grand comme une corneille. « De cette façon, les jeunes participent à une meilleure connaissance du site. Et le bénévolat permet de les valoriser aussi. C’est rassurant de voir tout ce qu’ils savent », relève Frédéric Ravenot.

Si les chantiers d’automnes sont des opérations lancées il y a 10 ans, par la Fédération des conservatoires des espaces naturels, le conservateur adjoint propose depuis quinze ans cette activité pour les jeunes de la communauté de communes Loue-Lison.

Mary et Diane s’escriment à couper cette branche récalcitrante.

 

Eveiller la conscience

« L’idée première était de donner un coup de pouce à la réserve tout en proposant aux ados de s’investir. Ces chantiers leur permettent de faire connaître un espace naturel protégé près de chez eux. » Le ravin du Valbois est en effet fréquenté à 80 % par des Bisontins, plus que par des gens du coin. « Cela favorise l’insertion de la réserve naturelle dans la population locale, et de comprendre que ce n’est pas qu’une réglementation qui empêche de cueillir des fleurs, poursuit-il. Et j’ose croire que ces actions ont permis à certains de dessiner leur parcours de formation. » En disant cela, Frédéric Ravenot désigne Louison. A 16 ans, le jeune homme effectue son septième chantier d’automne, et venait dès l’âge de six ans aux actions proposées par la réserve naturelle. Après le bac, il va s’orienter sur un BTS gestion et protection de la nature. « Les semaines de découverte m’ont donné envie de travailler dans la nature, m’ont fait aimer la nature », explique simplement l’Ornanais.

Une chose est sûre : à voir s’affairer cette bande de jeunes, outils à la main, pendant leurs vacances, pour prendre soin de la nature, la relève est assurée, la conscience environnementale est bien éveillée. Rassérénant.

Laurine Personeni

O'Fait

 

Réserve naturelle du ravin de Valbois

24 grande rue, à Cléron.

Tél. : 03.81.62.14.14.