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Rétro Partie 2 - Casser les clichés
Vie locale

Rétro Partie 2 - Casser les clichés

ven 27 Décembre 2019 - 08:38
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La ruralité sous bonne presse - Depuis plus de sept mois, ce nouveau journal s’efforce, au travers de ses articles, de donner un regard différent, décalé sur l’actualité du Doubs et du Territoire de Belfort. Surtout d’aller en ruralité pour montrer, décrire, expliquer, ce qu’il s’y passe. Avec pour mission d’essayer de casser ce mur de verre, qui sépare, encore aujourd’hui la ville et la campagne. Ce n’est pas chose aisée, tant la ruralité est difficile à définir. D’ailleurs, une seule définition peut-elle convenir ? Peut-on parler d’une ruralité générale ou des ruralités particulières ? C’est le défi qu’a tenté de relever l’Insee Bourgogne Franche-Comté. Dans une étude, elle tord le coup aux clichés, notamment sur l’attractivité de la ruralité (le numéro du 4/07). Depuis 31 numéros, la rédaction a relayé les initiatives qui inondent le territoire pour le faire vivre. En voici une sélection non exhaustive et subjective qui résume les valeurs qui anime la Semaine O’vert.

Ne pas se contenter des apparences. Creuser pour découvrir ce qui se cache derrière. Dévoiler les coulisses, pour casser les clichés, qui ont malgré tout, la vie dure. C’est bien là une des missions principales du journal.

La rédaction ne se contente jamais de ce qu’elle croit. Le foot réservé aux garçons ? Le pole dance est une activité de strip-teaseuses ? Les filles de la balle (le 12/09) démontrent le contraire. A 25 ans, Marion joue au foot et démonte les clichés, malgré des comportements et des réflexions machistes et misogynes, encore aujourd’hui. Emmeline Scachetti et Vincent Regnault, dans leur école, expliquent et montrent que le pole dance exige rigueur et réelle condition physique. Les deux ont été médaillés lors du dernier championnat de France de la discipline (le 14/11).

Un musée est figé ? Celui des maisons comtoises à Nancray prouve tout le contraire. Il dévoile les secrets des fermes comtoises qui révèlent à quel point les habitants dépendaient de leur terroir. Exemple avec une ferme typique de Morteau où la pierre et le bois aidaient à lutter contre l’hiver (le 23/05). De la même manière, on redécouvre les pratiques de nos aïeux qui trouvent encore aujourd’hui tout leur sens. Ainsi, les maisons comtoises savaient s’adapter à la météo, notamment à la chaleur (le 27/06).

Acteurs incontournables de la ruralité, les gendarmes ne sont pas là que pour verbaliser. Il suffit pour cela de se plonger dans le quotidien d’une brigade (le 18/07). Ils ont également une mission de protection de la population, en réglant parfois des conflits de voisinage (le 6/06). La médiation, c’est également le rôle méconnu du délégué du défenseur des droits, qui tient régulièrement des permanences (le 5/12).

Le Doubs est connu et reconnu pour sa production de comté. Pour autant, certains n’hésitent pas à aller au-delà. Ainsi, à Epenouse, Lucille Ortega a repris la fromagerie artisanale bio. Elle commerciale des fromages originaux loin des AOP (le 29/08). Des cultures plus insolites se développent aussi sur le territoire. Comme le safran (le 13/06), l’absinthe qui est cultivée à Arçon puis distillée (le 27/06) ou encore les plantes médicinales (le 30/05).

 

Un patrimoine vivant

Le patrimoine ne se restreint pas aux vieilles pierres. Plus que jamais, sur le territoire, les initiatives sont nombreuses pour raconter l’Histoire. Les Journées du patrimoine, en septembre, l’ont encore démontré. A Montrond-le-Château, ou à Vaire-le-Grand, les châteaux, ont, l’espace d’une journée, vécu et transmis leur histoire. A Montrond, la municipalité avait organisé une immersion intelligente dans le Moyen Âge, avec des ateliers de fabrication de pièces de monnaie médiévales, ou le maniement d’arbalètes (le 29/08). A Vaire-le-Grand, les propriétaires s’efforcent de maintenir en vie l’un des tout premiers jardins à la française de la région (le 5/09).

De la même manière, à Mandeure, le guide conférencier, par ses explications, reconstitue dans l’imagination du visiteur la splendeur du théâtre gallo-romain, le deuxième plus grand de la Gaule, après celui d’Orange (le 22/08). Cela passe aussi par le numérique. L’entreprise Héritage Virtuel de Pierre Rupp reconstitue en 3D des lieux historiques (le 18/07). A Arc-et-Senans, la Saline royale prend aussi de l’ampleur avec le projet de recréer un cercle, incluant le bâtiment actuel, comme imaginé initialement par Claude-Nicolas Ledoux (le 10/10). Le sel de l’utopie ne se tarit pas.

Le patrimoine se traduit aussi au travers d’hommes et d’animaux. Emblématique du territoire, le cheval comtois a fêté cette année ses 100 ans (le 13/06). Retracer l’histoire de cette race permet de se plonger dans les méandres du passé des Franc-Comtois. François Morel, ancien charron contemple, lui aussi ce siècle, du haut de ses 99 ans (le 6/06). A travers sa vie, c’est toute une époque qui se dessine. Comme dans les communes qui, dans leur grenier, abritent toute leur identité et histoire dans les documents d’archives (le 5/12). Bref, le patrimoine est vivant.

 

 

La forêt est une richesse

 

La verte Comté. Ce surnom donné au territoire ne raconte pas seulement les paysages verdoyants. Dans toute son histoire, la Franche-Comté a pu compter sur la richesse de ses forêts. C’est grâce au bois que l’on peut observer dans les communes nombre de lavoirs, fontaines, et clochers-comtois, qu’il faut d’ailleurs plutôt nommer clochers-porches. Pourquoi ? Après l’annexion de la Comté par Louis XIV, les villageois ont eu accès à des parcelles de forêt qu’ils ont revendu à prix d’or. Le but était de reconstruire les églises, détruites par les guerres et le temps. Le bois étant très cher, les villages ont eu des finances très confortables, d’où la multiplication de monuments (le 30/05).

C’est à la même période, moitié du XVIIIe siècle, que les maisons communes, qui deviendront les mairies, ont été construites (le 26/09).

Aujourd’hui encore, une entreprise à Fertans utilise la richesse des forêts. La scierie Bois de lutherie est la seule en France à être spécialisée dans les bois pour les instruments de musique
(le 30/05). Malgré tout, la forêt souffre. En cause notamment, le réchauffement climatique, qui favorise l’apparition du scolyte, un parasite qui asphyxie les arbres (le 8/08).

Pour contrer ce problème, la biodiversité s’avère une alliée indispensable. Les tourbières de Frasne en sont d’ailleurs la parfaite illustration (le 13/06). Zone humide qui abrite des espèces végétales et animales particulières, dont certaines sont en danger, la tourbière subit aussi le réchauffement diplomatique. Mais elle se trouve aussi une alliée de poids, lorsqu’elle est en bon état, pour stocker le carbone et autres gaz à effet de serre.

 

 

La rédaction

L’homme de l’année : Courbet

L’année 2019 a été sans conteste celle de Gustave Courbet. Pour fêter le bicentenaire de sa naissance, des centaines de manifestations ont eu lieu partout sur le territoire. Offrant ainsi un coup de projecteur sur l’enfant d’Ornans, très connu ici, mais un peu moins en dehors des frontières de la région.

D’ailleurs, les nouveaux panneaux d’autoroute sur l’A36 ont mis en avant l’artiste (le 31/10). La vie tumultueuse du peintre, son art, cassent en effet tous les clichés, l’artiste ne rentrant dans aucune catégorie. Son anti-conformisme a inspiré quatre écrivains, venus en résidence à la ferme de Flagey (le 30/05). Le lien du peintre avec la musique a été mis en scène par la Cie Arthemus, au château de Montby (le 20/09).

La commune d’Ornans a beaucoup investi. Le son et lumières Bonjour M. Courbet, mis sur pied par le comité culturel Loue-Lison, a été joué à l’amphithéâtre de verdure (le 22/08). Courbet a également été mis à l’honneur par un autre Gustave d’Ornans. Gustave Lafond, sculpteur, a récréé L’enterrement à Ornans en un immense bas-relief (le 13/06).

Un autre tableau connu du peintre, Le chêne de Flagey, a été au centre d’un court-métrage Quercus. Une équipe de tournage venue de Paris a tourné plusieurs séquences à Ornans et dans les environs (le 17/10).

La programmation de la commune s’est terminée sur la rencontre fictive de Courbet et Offenbach, qui lui aussi fête ses 200 ans dans une pièce mêlant théâtre et chorales (le 24/10). Gustave Courbet réserve toujours des surprises.