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Un tombeau vieux de 5 000 ans
Terroir

Un tombeau vieux de 5 000 ans

jeu 28 Novembre 2019 - 07:04
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Un circuit de randonnée gravite autour de ce monument préhistorique.

C’est l’un des monuments le plus ancien du Doubs. Le dolmen de Santoche, érigé il y a 5 000 ans, a été découvert en 1963. Du caveau originel, il ne reste que des dalles renversées et brisées. Pour autant, ce dolmen est le mieux conservé de Franche-Comté.

Il n’y a pas que des dolmens en Bretagne. En Franche-Comté aussi. On trouve ainsi une de ces constructions mégalithiques, dans le Doubs, à Santoche, exactement. Ce dernier est connu comme le plus ancien du département, datant de 5 000 ans. C’est en 1963 qu’un archéologue découvre ce monument. Il faisait alors partie d’un murger, sorte de remblais en pierre. « La taille de ces pierres avait attiré l’attention », raconte Jean-Claude Mottaz, de l’association Mémoire et patrimoine du pays clervalois. Une fouille en 1969 a permis de dégager le site et son esplanade dallée.

Mais, un dolmen, c’est quoi ? Il s’agit d’une construction mégalithique constituée d’une ou plusieurs grosses dalles de couverture posées sur des pierres verticales qui lui servent de pieds. Le tout était recouvert, maintenu et protégé par un amas de pierres et de terre nommé tumulus.

De tombeau originel, le dolmen de Santoche a subi plusieurs transformations au fil des siècles. Si aujourd’hui, il ne reste que des dalles renversées, malgré tout impressionnantes, le dolmen formait au départ un caveau fermé. Gérard Blanc, également membre de l’association, raconte l’histoire de ce site dans un article : « Il s’agissait à l’origine d’un caveau collectif où étaient ensevelis les morts et où pouvait se dérouler un culte. Les énormes dalles de couverture abritaient une chambre rectangulaire de 1,80 m par 1,90 m où les archéologues ont trouvé les restes d’au moins 22 individus et des petits objets déposés à leurs côtés. Une des dalles verticales du dolmen était perforée d’une ouverture circulaire (hublot) d’un diamètre d’environ 40 cm. »

Selon Gérard Blanc, le dolmen a été utilisé comme tombeau pendant près de 1000 ans, jusqu’à l’âge de bronze. « A l’époque gallo-romaine, la chambre du dolmen servait d’abri temporaire pour les bergers, les chasseurs et les voyageurs. Plus tard, les dalles de couverture ont été volontairement renversées et le site recouvert par un tas d’empierrement. »

Voici à quoi ressemblait, à l’origine, le dolmen de Santoche.

Monument historique

La présence de cette sépulture ainsi que les objets mis à jour lors des fouilles en 1969 indiquent qu’une communauté humaine vivait à proximité. Des pointes de flèches, des lames et grattoirs en silex, une hache en pierre, ou encore des fragments de vase en céramique ont ainsi été déterrés. « Ces objets de la vie quotidienne indiquent que les hommes qui édifiaient les mégalithes étaient déjà à un stade de civilisation avancée. Ces hommes, qui vivaient à l’époque dite du Néolithique moyen, avaient des armes, des parures, des outils très élaborés, en pierre, en bois ou en os. Ils commençaient à savoir fabriquer aussi de petits objets en bronze, faisaient un peu de culture et d’élevage », avance ainsi Gérard Blanc.

Classé aux monuments historiques en 1974, le dolmen de Santoche, compte parmi les 18 mégalithes recensés en Franche-Comté. Facilement accessible, le site est situé dans une clairière, un peu à l’écart du village. Un circuit de randonnée, mis en place par l’association, gravite autour du site, ouvert au public. Assurément, ce tombeau ne sera pas celui de la mémoire et de l’histoire du pays de Clerval.

Laurine Personeni

Le dolmen ou la pierre aux mariages

Si dans l’imaginaire collectif, le dolmen servait d’autels aux druides gaulois pour des sacrifices humains, il s’avère que ces constructions mégalithiques étaient en réalité des tombeaux, datant de plusieurs milliers d’années avant les Gaulois.

Au XVIIe siècle, une superstition entoure le dolmen de Santoche. La population l’appelait alors la pierre aux mariages. «  La tradition voulait que les jours de leurs noces, les nouveaux mariés viennent en cortège jusqu’au dolmen, raconte ainsi Gérard Blanc, sur son site. La mariée devait monter sur une des pierres et se tenir debout sur un pied. Tous les invités de la noce devaient alors l’embrasser. Si la coutume n’était pas respectée, le couple ne pouvait pas être heureux disait-on. D’autres rituels moins innocents se déroulaient les nuits de pleine lune sur les pierres du dolmen. On raconte que le clergé, irrité par ces pratiques païennes, fit briser et renverser ces pierres. De nos jours, il arrive encore que de curieux pèlerins viennent se livrer à d’étranges cérémonies nocturnes. On raconte aussi que les magnétiseurs des environs viennent renforcer leurs pouvoirs et se ressourcer sur les pierres du dolmen. »

Des milliers d’années après son apparition, le dolmen est encore empreint de légendes.